Dans l'église Saint-Laurent de Beaumont sur Oise, parmi les dalles qui recouvrent le sol du bas -côté nord, l'une porte le nom du fils de Fouquier-Tinville, une autre celui d'un maître de Poste, décédé au XIXe siècle, mais aucun corps n'est inhumé à cet endroit.
Il en allait tout autrement jusqu'en 1789.
Dans les Registres paroissiaux tenus par le clergé, figuraient tous les évènements importants de la vie de chaque habitant : baptême, mariage et décès avec inhumation le lendemain dans le cimetière ou dans l'église. Ceux que le curé de la Paroisse enregistrait dans la catégorie des « Grandes mortuaires » avaient un enterrement au cérémonial recherché. Pour eux devait retentir le glas sonné par les cloches du grand clocher et certains avaient la grâce d'une inhumation au pied d'un autel.
Toute la vie de nos aïeux était axée sur la conquête du Salut éternel. Aussi ceux qui disposaient de quelque bien, comblait l'église de leur Paroisse de bienfaits sous forme sonnante et trébuchante en échange de messes et de prières ad vitam eternam ainsi que l'assurance de reposer pour l'éternité dans la maison de Dieu.
Outre le maître-autel, une église disposait de chapelles dédiées à de nombreux saints dont la médiation paraissait nécessaire aux fidèles, chacun, d'ailleurs, ayant ses préférences.
C'est au pied de ces hostels(sic) que furent inhumés les bénéficiaires de ces Fondations pour le repos de l'âme dont voici quelques exemples tirés du Registre paroissial des années 1600/1625 :
« Marie Lebel, fille de M. le Lieutenant fut enterrée en l'église de Monseigneur Saint-Laurent du dit Beaumont, près la chapelle St Jean, le 14 septembre 1606. »
« Jean Chefdeville, apothicaire, décédé le 15 septembre 1607 fut enterré dans l'église proche la chapelle Notre-Dame. »
« Un vigneron fut inhumé en juillet 1608 devant l'hostel St Vincent. »
« Anthoine Leroux, chirurgien, fut enterré dans l'église St Laurent devant le Crucifix, proche ses parents. »
« Loyse Borges, meunière des moulins de Beaumont, décédée en avril 1609 fut inhumée en l'église près la chapelle St Nicolas. »
« Jacques Lebel, décédé en octobre 1609 fut inhumé devant la chapelle St Michel. »
« Guillaume Chefdeville, décédé en 1616, fut inhumé devant le Crucifix, près de ses père et mère. »
« Antoinette Laultier femme de Turmenyit, décédée en 1618 fut inhumée devant la chapelle St Martin. »
Quant à Guillaume Caron, curé de la paroisse St Laurent de Beaumont qui mourut en 1618, est-ce son humilité ou sa pauvreté qui le fit reposer dehors, devant le portail de l'église ?
Registre des Sépultures 1765/1769
Le XVIIIe siècle gardait encore la tradition d'inhumer les notables et leur famille dans l'église sans toutefois en préciser la place exacte comme le montre l'illustration ci-dessus.
« Le neuf novembre mil sept cent soixante six est décédée Delle Marguerite Fagnan âgée de quarante quatre ans, épouse du Sr François Forbin Officier du Roy et bourgeois de cette ville et le lendemain a été inhumée dans l'église en présence de Me Jean Nicolas Durû Huissier au Châtelet de Paris son cousin germain et de Sr Charles Forest Notaire royal et autres commensaux de la maison. »
Il est aujourd'hui une chose curieuse, l'église que nous connaissons a perdu bien des chapelles ! Ainsi marchons-nous sans le savoir sur les tombes de ceux qui firent de Beaumont la ville marchande et animée qu'elle était alors ?
Marie-Camille Svetovidoff