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Sans doute, vous tous qui aviez 10 ans environ, en 1950, vous souvenez-vous du bazar de jouets, sur la place de l’ancien hôtel de ville. Cette boutique comprenait deux parties. En entrant, c’était la parfumerie et le nez était chatouillé de subtiles odeurs. Nous aurions voulu être de grandes personnes, et nous asperger, de Dior, de Chanel. Quelques fois, nous recevions de la vendeuse un petit échantillon et notre rêve devenait réalité.
Mais pour jouir de ces senteurs, il fallait entrer dans le magasin. Or, comme la plupart des enfants, je n’allais pas acheter des jouets tous les jours ! Alors en revenant de l’école, très souvent même quotidiennement au moment de Noël où la vitrine était entièrement décorée, je stationnais, le plus longtemps possible devant le magasin.
J’y voyais de merveilleuses poupées, plus belles les unes que les autres, celles qui étaient très grandes, avec de longs cheveux bouclés et des yeux très bleus, avec un chapeau du dernier chic mais il y avait aussi les toutes petites qui ne m’attiraient pas moins et qui souvent, avaient leur valise à côté d’elles, avec de ravissantes robes ou accessoires de toilettes. Ce qui me frappait le plus, c’était les petits souliers en peau de ces demoiselles.
J’avais à peine quitté du regard cet enchantement, que je découvrais d’autres rêves, des berceaux, ouatinés, et leurs flots de voilage couleur pastel, les petites poussettes, les dînettes, pour des goûters imaginaires partagés avec nos meilleures amies.
Bien sûr, il y avait le côté des garçons, avec les trains, les rails, les ponts, mais cela me laissait assez indifférente je dois l’avouer….
Peut-être certains d’entre vous ont-ils d’autres souvenirs de cette boutique . Pourraient-ils nous dire, leurs rêves quand ils laissaient filer le temps devant la vitrine ? Alors, Messieurs, écrivez-nous, vite ! Et vous aussi Mesdames…
M.J.