Sceau de Mathieu III Sceau d'Eléonore de Vermandois
L'an 1177 est riche en événement. La mort de Mathieu II fait de son fils le nouveau comte de Beaumont qui la même année, convole en justes noces avec Eléonore de Vermandois (1). Il s'embarque dans un combat pour soutenir Raoul, seigneur de la Ferté, attaqué par son beau-frère Baudoin V comte de Hainaut. Quoique supérieurs en nombre, ils sont battus et retenus quelques temps prisonniers.
Cet incident fâcheux semble lui avoir passé à jamais le goût de se battre. La sage administration de son domaine
qu'il va surtout chercher à agrandir sera sa préoccupation essentielle. La Dame Avoise de Monchy lui cède le fief du Plessis-Godard, du Belay et du Déluge et le roi de France, Philippe -Auguste,
lui donne les fiefs de Ronquerolles et d'Attainville et Mathieu III achète en 1205, tout ce que possédait Gilles de Hodenc autour de Méru.
Les fondations pieuses, tout comme l'ont fait ses prédécesseurs, sont légion. Avec l'abbé de St Denis, il donne en 1189 le bois des Rondeaux aux habitants de Beaumont et de Mours. « Chaque masure » pouvait disposer chaque année d'un arpent de bois moyennant une redevance moitié moindre que celle des habitants de Beaumont. Cette générosité s'explique car les habitants de Mours relevaient directement de l'abbaye mais l'accord se rompt en 1208 car le comte recevait la redevance des Beaumontois et cette situation ne pouvait que provoquer les reproches de l'abbé.
Mathieu III fait des donations aux moines de St Aubin de Chambly, à l'hôtel-Dieu de Beaumont, à la maladrerie d Chambly, aux moines de St Léonor ; il avantage son chapelain qui dessert la chapelle Ste Marie-Madeleine de l'église du prieuré, avec des dons en blé, en argent et en vin à prendre au moment des vendanges.
Il se distingue en libérant de corvées des hommes asservis au prieuré moyennant une somme prise sur le péage du pont de Beaumont. Ces hommes que l'on appelle des hôtes doivent par contre être disponibles pour le comte s'il a besoin d'hommes de guerre.
Pour la première fois, les habitants de Beaumont reçoivent une charte de franchise. La cité prend une grande importance à cette époque. A sa tête est nommé un maire du nom d'Evardus.
Inévitablement, une querelle éclate avec l'abbaye de St Denis au sujet des bois de Maffliers, déjà objet de difficultés à l'époque de Mathieu II. Cette fois l'abbé se plaint au Pape qui charge l'évêque de Senlis de faire une enquête. Le comte ne se soumet pas et l'évêque jette l'interdit sur toutes les terres du comté. Mathieu III doit se présenter à Senlis, dans le palais épiscopal, reconnaître le bon droit de l'abbaye et payer une redevance en cas de récidive.
En 1188, Philippe-Auguste et Henri II d'Angleterre se retrouvent à Gisors et décident de prendre la Croix, conviant leurs vassaux à la troisième croisade. Le comte de Beaumont prend la croix mais ne part pas en Terre Sainte ....et se fait racheter de son vœu par l'évêque de Paris, Eudes de Sully en décembre 1206 à qui il donne, à Paris, un lieu appelé chapelle Ste Catherine.
Le couple toujours sans héritier en 1199, se sépare. Le mariage est cassé pour cause de consanguinité ce qui permet au comte de se remarier avec Eléonore de Nesles, fille du comte de Soissons.
Il s'engage à seconder le roi dans sa lutte contre Jean sans terre en 1203, occupé à lui reprendre la Normandie et s'engage à ne jamais traiter avec le Pape qui voulait imposer sa médiation. Sur ce dernier point Eléonore, sa seconde épouse, s'engage avec lui.
Sa mort survenue le 21 novembre 1208, il repose dans le prieuré du Lay, fondée par son frère Philippe. Décédé sans postérité, son frère Jean devient le nouveau comte de Beaumont.
Marie-Camille Svetovidoff
(1) Voir l'article : Les cinq mariages d'Eléonore
Source : Paul Bisson de Barthélémy, Histoire de Beaumont sur Oise, 1958