Sceau de Robert 1er
Yves II succède à son père Yves 1er l'Ancien aux environs de l'an 1000. Maître du château de Beaumont sur Oise, il est le vassal du roi des Francs, Robert le Pieux, lui-même fils d'Hugues Capet, fondateur de la dynastie capétienne d'où sortiront tous les rois de France.
Les biographies des notabilités locales de ces temps lointains sont des plus succinctes. Les traces que l'on peut en avoir aujourd'hui se résument en des signatures de parchemins concernant le plus souvent des abbayes ou autres fondations religieuses Pour la première fois, en 1022, cosignataire d une charte avec le roi en faveur d'une abbaye, Yves II porte le titre de comte de Beaumont. Ce titre indique qu'il est de l'entourage proche du roi. Les différentes signatures permettent aussi de connaître les liens tissés entre les contemporains. Yves II et Bouchard de Montmorency son cousin agissant ensemble, signent une charte en 1028.
Les reliques de Saint Léonor conservées dans la chapelle du château méritaient une église, ce à quoi s'emploie le comte nouvellement promu et la dédicace de cette église, élevée en contrebas du château, face à l'Oise a lieu en octobre 1029.
Yves II relève également le château de Chambly, deuxième point de défense du Comté, indispensable au renforcement vers le Nord de sa puissance comtale.
De son mariage avec Gisèle, sœur de Milon de Chevreuse en 981, sont nés trois enfants : Yves, Geoffroy et une fille dont la postérité n'a pas retenu le nom qui a épousé Dreux, seigneur de Mello.
Le 12 avril 1036 dans le registre de Saint-Léonor est inscrite la mort d'Yves II.
Son fils aîné lui succède. Sous le nom d'Yves III, son paraphe figure au bas de parchemins dès 1036. Suivant toujours le roi et sa cour, il est à Lagny le 20 mai 1043 où repose un de ses parents, comte de Champagne. Dix ans plus tard, l'abbé de Saint -Emmeran prétend détenir le corps de Saint Denis ; grand émoi dans l'abbaye proche de Paris où se réunissent pour ouvrir le tombeau du saint, Eudes le frère du roi Henri 1er et Yves III de Beaumont parmi les comtes des environs. Puis son action le porte en Normandie auprès des moines de la Trinité de Fécamp, leur accordant la traversée de Beaumont sans péage. C 'est aux serfs du monastère de Saint-Wandrille qu'il accorde le droit de libre circulation dans le château de Conflans en 1059 en accord avec son épouse Emma et ses cinq fils. Il donne dans le même temps en apanage au second de ses fils, Yves dit le clerc, ce château pour en jouir après sa mort.
Il est probable qu'il disparaît la même année et que ses obsèques sont célébrées le jour
même du sacre du roi Philippe 1er succédant à son père Henri 1er. Goeffroy, nouveau comte de Beaumont ne peut y assister.
Pour des raisons ignorées aujourd'hui, Goeffroy n'est pas aussitôt investi comte de Beaumont par le jeune roi. Il n'apparaît comme tel qu'en 1067. Il fait des donations au Prieuré de Saint Léonor, ne contracte pas mariage et meurt sans postérité.
Son frère Yves, second fils d'Yves III, est chambellan du roi en 1067 et l'année suivante celui des enfants du roi. Sa position dans la fratrie le destinant à l'état ecclésiastique, la mort de son frère aîné change le cours de son existence en 1070. Il devient Yves IV comte de Beaumont et se marie avec Judith qui lui donne deux enfants. Devenu veuf, le comte épouse Adèle de Gournay dont la famille est très liée avec le Père Anselme, abbé du monastère du Bec, futur archevêque de Cantorbery. De ce second mariage naîtront deux garçons et deux filles.
On le retrouve dans le sillage du roi en 1071, 1075 et le 25 décembre 1078, il signe au bas d'un nouveau règlement pour les chanoines de Saint-Nicolas de Beauvais. Il combat aux côtés du roi et de Guillaume le Conquérant et soutient avec eux le siège de Gerberoy qui dure trois semaines.
Sainte Honorine attirait dans l'église de Conflans beaucoup de pèlerins par le grand nombre de miracles qu'elle faisait. Le livre de ses miracles, écrit en 1137, fut conservé jusqu'au XIV e siècle dans le Prieuré de Conflans. Il est dit que des prisonniers sortis des geôles par son intercession furent relaxés par Dreux de Conflans. Il est dit aussi qu'Enguerran de Boves, captif chez ses ennemis, vint déposer une énorme chaîne dont il avait été libéré en priant la sainte. Par ailleurs, ce triste sire, violent et brutal, enlève la belle-sœur d'Yves IV de Beaumont, l'épouse malgré tout, la bat comme plâtre à tel point qu'elle finit ses jours dans un couvent. Récidiviste, il enlève la femme de son cousin Godefroi de Namur et déclenche le début de terribles combats !
Yves IV et sa femme Adèle font à cette époque venir à Conflans un « essaim de moines » du Bec-Helluin en Normandie pour résider dans un monastère qu'ils fondent en 1081 afin d'accueillir la foule des pèlerins.
Si la fin d'Yves IV nous est cachée, son épouse Adèle disparaît le 8 avril 1099 selon le nécrologe de Saint Léonor. La comtesse de Beaumont pria Gautier, abbé de Saint Martin de Pontoise de « venir l'assister dans son agonie ». Gautier lui fit répondre « Plaise à Dieu que nous nous retrouvions dans la céleste patrie car en ce monde plus ne me verra ». Ils moururent tous les deux le même jour.
Marie-Camille Svetovidoff
Sources : Paul Bisson de Barthélémy, Histoire de Beaumont sur Oise, 1958