Bataille de Bouvines (Enluminure)
Mathieu III, mort sans postérité, son frère Jean, fils de Mathieu II et de sa seconde épouse Alice de Luzarches, devient comte de Beaumont en 1208. Averti des difficultés sans nombre occasionnées par l'abbaye de Saint-Denis, il rend hommage à son abbé dès le mois de mars 1209 et reconnaît que le village de Mours est l'entière possession de l'abbaye. Il accepte néanmoins d'en collecter les redevances, que le bailli de St Denis devrait faire rentrer, s'il se trouvait en difficulté. Malgré ces précautions les tracasseries ne cessent pas. Il est cité à comparaître devant l'abbé pour des délits commis à St Martin du Tertre en 1212 et cinq ans plus tard, le désir de l'abbé de vendre un bois proche de la maison qu'y possède le comte, l'entraîne dans des discussions pour préserver cinq arpents de ce bois de la Châtaigneraie et s'assurer qu'aucune coupe n'y sera faite pendant vingt ans.
Philippe-Auguste est monté sur le trône de France en 1180. Une coalition composée de l'empereur d'Allemagne, de Jean sans terre, roi d'Angleterre, des comtes de Flandre et de Boulogne ainsi que de quelques autres seigneurs, s'opposent à lui en 1214. Il ordonne à ses barons et à ses chevaliers ainsi qu'aux milices communales de se joindre à lui pour résister à l'invasion.
Jean de Beaumont accompagné de vingt chevaliers du Comté rejoint le Roi à Péronne le 21 juillet 1214. Les Français se dirigent vers Lille quand, arrivés au pont de Bouvines le 26, leur arrière-garde est attaquée par l'ennemi. Le combat s'engage sur l'aile droite des Français où se trouvent justement Jean de Beaumont, Mathieu de Montmorency avec Gaucher de Saint Paul et Eudes de Bourgogne ainsi que de nombreux chevaliers. Après trois heures d'une lutte acharnée, le comte de Flandres est fait prisonnier et toute sa troupe est en fuite. Tandis qu'au centre, les milices communales sont culbutées par la cavalerie allemande et que le Roi Philippe-Auguste, renversé est en grand danger, ses chevaliers, sans qui son destin eut été compromis, viennent à son secours. Reprenant le combat avec brio, l'ennemi se retrouve taillé en pièces. De son côté, l'aile gauche a raison du comte de Boulogne. Bouvines est une grande victoire, restée dans la mémoire collective française. Les exploits de Jean de Beaumont sont consignés dans un grand poème en latin appelé la Phillipéïde. Dorénavant le comte suit le roi comme l'exige son titre.
L'euphorie de la victoire peut-être lui fait, en septembre 1214, donner à Adam, seigneur de Villiers-Adam dix livres parisis à prendre chaque année à Noël sur le péage de Conflans Sainte Honorine.
La grave maladie qui l'accable en 1221, le pousse à rédiger son testament. Il désigne ses exécuteurs testamentaires dont son neveu, Guillaume de Joinville, archevêque de Reims et Girard, prieur de St Léonor. Il fait de nombreuses donations aux prieurés de son comté. Il prend soin tout particulièrement de celui de Saint-Léonor auquel il confirme tous les dons de ses prédécesseurs et leur permet d'établir un pressoir dans le lieu de leur choix.
Il meurt le 13 mars 1223, sans postérité malgré ses deux mariages. Le premier avec Gertrude de Soissons qui s'est terminé par un divorce pour cause de consanguinité. Le second avec Jeanne de Garlande n'a pas été plus fécond.
Dans ce contexte qui va devenir comte de Beaumont ? Hugues, le troisième fils de Mathieu II est mort, son fils Yves décède en 1223, son petit-fils Thibault portera-t-il la couronne comtale ?
Marie-Camille Svetovidoff
Sources : Paul Bisson de Barthélémy, Histoire de Beaumont sur Oise, 1958