Une longue péniche de 45 m de long, était ancrée sur les berges de
l'Oise, en aval du pont de Beaumont avant la guerre de 1939 . Appelée, Établissements de bain, elle faisait également office de bateau lavoir.
Devançant toutes les
villes bordant le fleuve, Beaumont avait déjà son bateau lavoir au XVIIIe siècle. A Jean Eve, aide au pont, propriétaire du premier succède le couple Simon et Marguerite Henneton-Hue que le
Prince Louis François de Conti, seigneur de Beaumont, autorise à construire un bateau pour le blanchissage du linge le 13 avril 1779 contre une redevance annuelle de 24
Livres.
Ne pas polluer les eaux du fleuve était déjà une préoccupation !
Un second bateau pourvu de cinquante places de lavandières est construit par Jean Lambert en 1841. Il est alors formellement interdit de venir laver son linge à la fontaine municipale mais l'indiscipline est grande et les propriétaires de bateaux lavoir s'en ressentent. Dans l'inventaire d'un des bateaux , nommé le « Sainte Augustine », appartenant à la veuve Gorlez en 1871, figurent quatre baignoires en zinc et quatre-vingt places de laveuses. Grâce au témoignage de Lucienne Lamaury, blanchisseuse à Mours dont les beaux-parents tenaient le bateau-lavoir de Beaumont dès 1922, voici comment fonctionnaient ces établissements.
D'un côté il y avait des cabines de bains-douches avec une cabine spéciale dont la baignoire servait aux bains de soufre pour les maladies de la peau . Une chaudière alimentait en eau chaude les cabines de bain et une autre faisait bouillir l'eau pour le linge. Dans deux énormes cuviers chauffés avec du charbon et du bois l'eau chaude coulait sur le linge pendant six heures. Les clients reprenaient leur paquet le lendemain. Certains venaient dans le lavoir y faire leur lessive ou rincer leur linge. A ceux-là on vendait l'eau chaude et le savon de Marseille[1].
Et puis la guerre est arrivée, le pont a sauté, le bateau lavoir a coulé...
L'eau courante est arrivée dans les maisons...
Et maintenant chacun a sa machine à laver !
Marie-Camille Svetovidoff
[1] Texte tiré du livre de jean Lahousse, Au fil de l'Oise, 2009, pp168/169
