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Lorsque Charles VII établit une armée permanente au XVe siècle, les milices communales chargées de la défense depuis le Moyen-Age, deviennent des sociétés de tir dont les réunions annuelles sont l'occasion de fêtes brillantes. Ce jeu sportif est vivement encouragé par les rois qui disposent ainsi d'excellents tireurs bien exercés pour leurs guerres.
L'entraînement consiste à « tirer au Papegault » que l'on appelle aussi « Papegai » mot qui signifiait Perroquet en vieux français. Si dans les temps très lointains, un véritable oiseau se trouvait perché en haut du mât, dans les périodes plus récentes, un oiseau de bois peint en vert le remplace.
Lors des réunions annuelles, plusieurs compagnies d'archers sont en lice. Celui qui abat la cible et triomphe des sociétés présentes devient le Roi de sa compagnie. S'il triomphe trois années de suite, il en devient l'Empereur. Ces distinctions bénéficient alors de privilèges comme l'exemption de la taille ou la dispense du logement des gens de guerre.
La première participation connue de la compagnie des Arquebusiers de Beaumont sur Oise, remonte au 28 mai 1586 mais elle est présente dans toutes les foires et fêtes locales, prétextes à réjouissances. Le renom de ses excellents tireurs s'étendait très loin alentour.
Le 1er juillet 1615, ils remportent un premier prix à Creil. Le 5, des fêtes militaires à l'occasion du séjour d'Henri II de Condé, seigneur de Clermont donnent lieu dans cette ville, à un concours auquel participent neuf villes de la région. Le vainqueur se verra récompensé par une « enseigne » ou insigne de diamant et pierreries d'une grande valeur. Cette fois encore la compagnie de Beaumont triomphe ! Lors des visites royales, celle de Louis XIII en 1638 ou celle de Louis XIV en 1652, les archers sont présents et rendent les honneurs.
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Réunion des compagnies d'archers au pied du papegai au XVIIIe
siècle
Dès le début de la révolution de 1789, finis les festivals de tirs, les défilés en uniforme, l'origine monarchique de ces manifestations incite l'Assemblée nationale à les supprimer par décrets des 12 et 18 juin 1790 et à enrôler les hommes dans la Garde nationale. La nouvelle municipalité beaumontoise réclame le 1er juillet suivant le dépôt des drapeaux de la compagnie à l'église paroissiale. Le 18, ils sont suspendus à la voûte de la nef pour y demeurer en « signe de concorde, union et paix ». Ils furent néanmoins brûlés, place de l'Hôtel de Ville le 8 septembre 1793.
La disparition de la compagnie des Arquebusiers passa presque inaperçue ! Le jeu de paume devenait la passion des jeunes beaumontois. Dans la rue St Jean de Richebourg, l'actuelle rue de la République, Louis Dornel ouvre une salle pour y accueillir les joueurs.
Aujourd'hui, la tradition du tir à l'arc s'est perdue à Beaumont mais elle demeure avec ses traditions ancestrales dans de nombreuses villes dont la plus proche est Montmorency dans le Val d'Oise.
Marie-Camille Svetovidoff
Source : Paul Bisson de Barthélémy, Histoire de Beaumont sur Oise, 1959