Sceau de Louis VIII
Vendu en 1223 à Philippe-Auguste, le comté appartient à Louis VIII jusqu'en 1226 et devient la propriété de Louis IX, encore enfant à la mort de son père . ( Il est plus connu de la postérité sous le nom de Saint Louis). Blanche de Castille, sa mère, régente du Royaume jusqu'en 1234 a fait élever à Chambly, une superbe église gothique et son fils, réalisant le vœu de son père, choisit Cuimont pour bâtir l'abbaye de Royaumont.
Lorsqu'il est question du mariage de son fils aîné, prénommé Louis, Saint Louis décide lors de ce traité du 20 août 1255, de donner à la jeune princesse choisie, Bérangère de Castille, le comté de Beaumont en douaire. La mort prématurée du jeune prince évite au comté de devenir espagnol !
Philippe III dit le Hardi, devient roi de France et comte de Beaumont à la mort de Saint Louis, en 1270. Il n'apprécie pas que son chambellan, Pierre de Chambly, apparenté aux anciens comtes, jouisse d'un certain nombre de revenus comme le droit de travers du pont de Beaumont et qu'il possède tout ce qui se trouvait à l'intérieur des fortifications du château à la réunion du comté à la Couronne. Pierre de Chambly et sa femme Marguerite, font alors don aux moines du prieuré de saint-Léonor en 1279, de ce qu'ils tiennent en possession à Beaumont, demandant en retour, pour le repos de leur âme, une messe quotidienne de leur vivant et et une messe le jour de la Fête-Dieu lorsqu'ils seront morts. Le roi n'étant pas un ingrat, ils reçoivent d'autres terres dont ils doivent rendre foi et hommage au château de Beaumont, le jour de Noël.
Philippe III transmet le comté à Louis son troisième fils en 1284, ce qui n'empêche pas son frère aîné devenu le roi Philippe le Bel de disposer de la forêt de Carnelle et d'en donner le droit d'usage aux moines du prieuré de saint Léonor. Ce droit provoque des ravages aussi les officiers royaux suggèrent-ils de prélever eux-mêmes la quantité de bois nécessaire aux besoins des religieux. Le roi approuve et pérennise même cette décision.
Il se passe au début du XIVe siècle de grands drames au royaume de France. Philippe le Bel a fait arrêter tous les Templiers, il a fait mourir sur le bûcher le grand Maître, Jacques de Molay. Par une curieuse coïncidence, la malédiction que celui-ci a clamée avant de mourir s'accomplit et le roi meurt avant la fin de cette terrible année 1314.
N'ayant qu'une fille mariée au roi d'Angleterre de surcroît, la couronne royale passe à la branche capétienne des Valois. Ces « Rois maudits » comme les a surnommés Maurice Druon dans une célèbre séries de livres, vont se succéder très rapidement. Le quatrième monte sur le trône en 1328, sous le nom de Philippe VI, ses prédécesseurs étant tous morts prématurément.
Louis, comte de Beaumont et frère de Philippe le Bel, premier de la lignée des Comtes d'Evreux de la Maison de France, a épousé Marguerite d'Artois dont le frère Robert a puissamment aidé le nouveau roi à acquérir le pouvoir. En signe de reconnaissance, celui-ci érige le comté de Beaumont en sa faveur en juin 1328 alors que le comté est devenu l'apanage de Philippe comte d'Evreux, fils de Louis. Qu'à cela ne tienne ! Le comte d'Evreux devient roi de Navarre et Philippe VI reprend le comté de Beaumont, lui donnant en échange les comtés d'Angoulême et de Mortain.
Ce que voulait Robert d'Artois, c'était rentrer en possession du comté d'Artois que possédait sa tante Mahaut. Il en fait la requête en 1329. Usant de fausses pièces - il comptait sur l'appui sans faille du roi - la justice débusque les faux et la mort mystérieuse de sa tante Mahaut suivie de celle de sa fille quatre jours plus tard le déboutent de ses prétentions. Une de ses complices est condamnée au bûcher le 6 décembre 1331 et le 6 avril 1332, tous ses biens sont confisqués. Il doit s'enfuir et trouve refuge auprès du roi d'Angleterre.
Louis, comte de Beaumont et frère de Philippe le Bel, premier de la lignée des Comtes d'Evreux de la Maison de France, a épousé Marguerite d'Artois dont le frère Robert a puissamment aidé le nouveau roi à acquérir le pouvoir. En signe de reconnaissance, celui-ci érige le comté de Beaumont en sa faveur en juin 1328 alors que le comté est devenu l'apanage de Philippe comte d'Evreux, fils de Louis. Qu'à cela ne tienne ! Le comte d'Evreux devient roi de Navarre et Philippe VI reprend le comté de Beaumont, lui donnant en échange les comtés d'Angoulême et de Mortain.
Ce que voulait Robert d'Artois, c'était rentrer en possession du comté d'Artois que possédait sa tante Mahaut. Il en fait la requête en 1329. Usant de fausses pièces - il comptait sur l'appui sans faille du roi - la justice débusque les faux et la mort mystérieuse de sa tante Mahaut suivie de celle de sa fille quatre jours plus tard le déboutent de ses prétentions. Une de ses complices est condamnée au bûcher le 6 décembre 1331 et le 6 avril 1332, tous ses biens sont confisqués. Il doit s'enfuir et trouve refuge auprès du roi d'Angleterre.
Le comté de Beaumont se retrouve dans le domaine royal et Jean II dit le Bon, devenu roi de France en 1350, le donne à sa fille Jeanne à l'occasion de son mariage avec Charles le Mauvais, fils de Philippe, comte d'Evreux et roi de Navarre, cité plus haut. Le surnom de Mauvais est bien choisi pour lui ; les vastes et noirs desseins qu'il fomente contre le roi, son beau-père, le conduisent à s'enfermer dans sa forteresse d'Evreux et à provoquer la révolte des Bretons, des Normands et des Picards. La faiblesse du roi favorise la rédaction du traité de Mantes le 22 février 1353, dont les décisions sont si humiliantes pour lui.
Cependant, le comté de Beaumont devenait à nouveau terre royale. Jean II le Bon s'empresse, dès le 5 mars 1353, de le donner à son frère, Philippe duc d'Orléans. Lorsqu'après le désastreux traité de Brétigny de 1360, Charles V monte sur le trône quatre ans plus tard, il confirme à son parent la possession du comté en janvier 1366. Bien qu'il ait contracté mariage, le comte de Beaumont meurt en 1375 sans laisser d'héritier. La duchesse douairière d'Orléans demeure en possession du comté jusqu'à sa mort en 1392 et le laisse en héritage au frère du roi Charles VI, Louis d'Orléans.
Une rivalité entre le nouveau comte, Philippe d'Orléans et Jean sans Peur, comte de Bourgogne aboutit à l'assassinat du premier, rue du Temple à Paris en 1407. Son beau-père et sa femme Valentine de Milan, jurent alors de le venger. La France entière épouse cette querelle de princes car la faction bourguignonne traite avec les Anglais. Il faut se rappeler que depuis près d'un siècle des combats opposent Anglais et Français.
L'héritier du comté de Beaumont est son petit-fils, Charles d'Orléans le poète, né à Paris , selon certains, le 24 novembre 1294. C'est lui que le duc de Bourgogne fait déclarer ennemi de l'État et lui fait confisquer ses biens. Les terres de Beaumont sont alors réunies au bailliage de Senlis par l'édit de janvier 1411. Lié aux Armagnacs par son mariage en 1410 avec Bonne d'Armagnac, Charles d'Orléans les entraîne dans la querelle qui l'oppose aux Bourguignons et prend une part active dans la longue et féroce guerre qui s'en suit. Des bandes armées ravagent en tout sens le domaine et les Beaumontois souffrent mille morts. Leurs cultures sont saccagées, leurs jeunes hommes sont au combat et quand les Français sont écrasés à Azincourt en 1415, Charles d'Orléans tombe aux mains des Anglais qui vont le garder prisonnier pendant vingt-cinq ans.
L'assassinat de Jean sans peur en 1419, met le feu au poudre. La reine Isabeau de Bavière, épouse de Charles VI dont la folie est à son point culminant, reconnaît la souveraineté anglaise sur la France par le honteux traité de Troyes en 1420.
A ce moment le comté de Beaumont devient terre anglaise, appartenant au duc de Bedford puis en 1430 au roi d'Angleterre Henri VI qui le donne au sire de Villoughby, un de ses chevaliers commandant la place de Pontoise. Dès le lendemain de sa nomination il s'intitulait déjà « Haut et puissant seigneur de Villoughby, comte de Vendôme et de Beaumont-sur-Oise, sire de Villoughby, de Montdoubleau et de Beaumesnil ». En fait il ne reste pas dans la place et nomme un lieutenant, remplacé lui-même par un homme de guerre à la fin du mois de décembre 1435.
Brouillés avec le duc de Bourgogne, successeur de Jean sans peur, les Anglais perdent toutes leurs possessions en France, les unes après les autres.
Beaumont ne redeviendra terre française qu'en 1440, après avoir vécu et supporté vingt ans d'occupation.
Marie-Camille Svetovidoff
Sources : Paul Bisson de Barthélémy, Histoire de Beaumont sur Oise, 1958