Vendredi 11 mai 2012
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Situé dans le département de
l’Oise à Saint Félix, à côté de Mouy et à 30 km de Beaumont sur Oise, ce moulin est l’un des derniers témoins de ce que fût l’industrie de la brosserie au 19ème siècle.
Cette industrie de luxe était très prospère et de nombreuses petites usines comme celle-ci travaillaient dans la vallée du Thérain, un petit affluent de l’Oise au débit régulier qui a donné la force motrice à toute cette industrie. C’est la fermeture
de la brosserie Autin en 1979 sans repreneur qui paradoxalement a permis de sauvegarder l’usine
« dans son jus » et nous montre aujourd’hui grâce à des bénévoles enthousiastes la découverte de la condition ouvrière au 19ème et dans la première moitié du 20ème
siècle.
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Fondé sur l’emplacement de deux moulins, dont l’un, datant de 1533, servait à moudre le blé et l’autre plus tard servait de moulin à foulon, ils
commencèrent a se reconvertir dans la tabletterie, puis dans la fabrication des lacets, des peignes et des boutons en os avant de se lancer dans la fabrications des brosses en tout genre, y
compris la brosse à dents moderne qui fut inventée dans l’Oise. Ces brosses en bois, parfois précieux ou en os, ont été exportées dans le monde entier sous la marque Falconia, puis
Autin avant de disparaître, victime du progrès industriel. L’industrie des brosses à dents perdure vers Beauvais dans des conditions très
modernes.
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La fondation de ce musée par le conseil général, qui malheureusement « jeta l’éponge » devant
l’ampleur des travaux de sauvegarde du site, fut reprise par Michelle Fouquesolle et Alain Audemar, les propriétaires passionnés de cette propriété qui avec les « amis du moulin de Saint Félix » et quelques bénévoles, ont financés la remise en état de la roue à aubes et la sauvegarde des toits. Il reste encore beaucoup de travail,
mais bravo, le résultat est déjà extraordinaire.
C’est d’ailleurs avec un bénévole que nous découvrons la fabrication des brosses au temps de la
mécanique, sans utilisation de l’électricité qui viendra plus tard, sans jamais être relié au réseau EDF.
Nous pouvons d’abord voir le canal de dérivation avec son déversoir et ses vannes qui permettent de réguler la vitesse des roues à
aubes.
Puis nous pénétrons dans le cœur du système avec ce
magnifique régulateur à boules inventé par James Watt qui permettaient, grâce à la force centrifuge, de stabiliser la vitesse en commandant automatiquement l’ouverture et la fermeture des vannes
de la grande roue datant de 1848.
Au passage nous pouvons voir la dynamo (ou l’alternateur ?) utilisant l’énergie de la roue pour
fabriquer de l’électricité qui a permis tardivement l’éclairage des postes de travail. Il n’était pas assez puissant pour faire tourner les machines.
Le complexe système d’engrenages transformait l’énergie de l’eau et transmettait cette
énergie aux arbres par des courroies aux ateliers, puis à
toutes les machines.
C’était extrêmement bruyant et le travail de l’époque très pénible, surtout pendant 60 heures 6 jours
par semaine sans congé payé ! Le règlement de l’atelier est toujours écrit sur la porte.
Nous avons l’impression en pénétrant dans ce monde de retourner dans le temps un Dimanche et que
tout va se remettre en route le Lundi matin au lever du jour.
Les brosses pré percées attendent le redémarrage pour être terminées.
Au plus fort de son activité, cette usine dont nous pouvons suivre les agrandissements dans le
temps sur les murs, a contenu près de 130 personnes. Une partie de la production était réalisée dans les villages alentours par des femmes qui
étaient beaucoup plus efficaces pour fixer les soies de porc chinois (eh oui, déjà) sur les brosses.
Le patron, dont vous voyez ici la maison, habitait sur place.
Différentes machines nous montrent les processus de fabrication, avec les progrès depuis le
manuel, puis le semi automatique et enfin l’automatique (1936) avec des machines mécaniques ingénieuses mais n’utilisant pas l’énergie
électrique.
Voici des exemples de produits en os et en bois à différentes étapes de leurs
fabrications.
Des outils et des gabarits utilisés pour l’usinage.
A la fin de la visite, nous pouvons admirer quelques exemples du savoir faire de nos parents dans des
présentations de brosses en tout genre, y compris des brosses à dents qui nous paraissent très moderne !
Voici aussi des boutons en
os.
Et un bureau d’époque qui ne devait pas être très confortable !
J’ai passé un après-midi très intéressant, accompagné dans cette plongée dans le passé par des
bénévoles vraiment sympathiques.
C’est un but de promenade à faire un dimanche avec des ados ; ils découvriront un monde disparu,
le monde de leurs grands parents.
Benoît LEBORGNE
PS : ce n’est pas ouvert tous les dimanches, voir sur internet les horaires et autres
renseignements.
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